vendredi 17 février 2012

Mozambique: Manifestation de rejet et d’indignation face aux actions violentes de VALE contre la communauté de Cateme

Le 10 janvier 2012, la population de la province de Tete (Mozambique), district de Moatize, quartier de Cateme, constituée par différents groupe d’âges de paysans et paysannes déplacés de leurs terres d’origine, a empêché l’acheminement du charbon de Moatize par voie ferroviaire, comme manière de manifester son indignation face au non respect des nombreuses promesses faites par la compagnie VALE pendant les consultations communautaires. Cet acte se produit après d’infructueuses tentatives de dialogue avec la compagnie minière brésilienne VALE (qui exploite le charbon minéral à Tete), ainsi qu’avec la représentation locale du gouvernement et du parti Frelimo. A la suite de cette manifestation, il a été fait un usage brutal et aveugle de la violence par les agents de la police contre la population innocente et sans défense, avec pour résultat des blessures et des arrestations pour une partie de cette dernière.
L’Union nationale des paysans (UNAC, acronyme en portugais), mouvement national des paysannes et paysans du secteur familial au Mozambique, vient par le biais de ce document, exprimer son rejet et son indignation face aux actions violentes de VALE, en qualité d’agent usurpateur des terres communautaires, et de la Police contre la communauté de Cateme et appeler à un mouvement de solidarité nationale et internationale en faveur des victimes de Cateme.
À notre sens, cette situation est le résultat d’une croyance croissante en un modèle de développement économique intrinsèquement lié à la violation manifeste et croissante de divers droits des communautés locales, parmi lesquels nous pouvons énumérer le droit à la vie, basé sur l’accès à leurs ressources naturelles comme la terre, l’eau, les rivières, les lacs, les semences, et d’autres opportunités et conditions déterminantes pour leur bien-être socio-économique.
Les habitants de Cateme sont victimes du phénomène croissant d’usurpation de leurs terres, qui a mené et mène au déplacement de communautés entières sur l’ensemble du pays, principalement dans les régions de Tete, Niassa, Nampula et Manica, où abondent les ressources minérales et forestières, pour donner place à de grandes exploitations qui exproprient des zones entières destinées à l’agriculture de subsistance pour la population locale, empêchant les paysannes et paysans d’accéder à la souveraineté alimentaire.
Dans ce contexte, nous appelons à la considération immédiate des droits exigés par la communauté de Cateme, à la réparation des tous les préjudices subis par les victimes des actions violentes de la police, la responsabilisation des acteurs des violences et la libération des personnes détenues pour avoir exercé leur droit à l’indignation et à la manifestation.
Nous entendons que les solutions aux problèmes de la pauvreté de notre pays doivent passer également par la gestion adaptée et transparente des richesses du sous-sol de façon à en faire profiter, principalement, les communautés locales, de façon équilibrée, afin que ces ressources servent de tremplin à la création et au renforcement d’activités génératrice de revenus et par conséquence contribuent à une amélioration de la qualité de vie et du bien-être de tous les Mozambicains. Cela doit aussi passer par un véritable investissement dans l’agriculture familiale, via une adéquation entre la planification et mise en œuvre, et par l’introduction de mesures encourageant la pratique l’agriculture par les paysannes et paysans du secteur familial, de façon à rendre cette activité une véritable source de revenus pour les familles mozambicaines et fierté de la souveraineté nationale, avec un impact sur la réduction de la pauvreté et de l’exode rural, notamment des jeunes.
Tout particulièrement, nous appelons le gouvernement brésilien à une plus grande responsabilisation de ses entreprises multinationales, comme lVALE, pour que dans le contexte de ladite coopération Sud-Sud, soit pris en compte, par-dessus tout, le respect des droits humains des communautés locales des pays où elles opèrent, afin qu’une telle coopération puisse entraîner de véritables actions tournées vers le développement des peuples.
Non à la violence ! Non à la répression !
Tous pour la Souveraineté Alimentaire!
Paysans Unis, Toujours Victorieux !
Maputo, le 27 de Janvier 2012

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