jeudi 31 janvier 2008

Compte rendu des actions du 23 et du 26 Janvier 2008

Les Paysans et Paysannes du Cameroun s’interrogent : Commerce et Agriculture, Déluge ou Espoir ?


Les paradoxes d’un pays qui déclare toujours avoir atteint son autosuffisance alimentaire
(Cameroun), se dévoilent lorsque l’on fait le tour dans ses marchés locaux.
Comme initialement communiqué, le CORDAP a tenu ses journées, l’une le 23/01/2008 en prélude au FSM, et l’autre le 26/01/2008 le jour même de la journée Mondiale d’action du FSM décentralisé ; nos deux points de chutes étaient les marchés du Nfoundi et de Mokolo sise à Yaoundé.

Arrivée le 23/01/2008 à 9h00 au marché du Nfoundi deux bonnes heures et demi nous ont permis de sensibiliser nos compatriotes consommateurs, que notre capacité de production vont de paire avec leur choix de consommation sur ce que nous produisons localement.

Ensuite, nous avons visiter tous ensemble quelques alimentations, boutiques, super marchés, etc dans le seul but de les démontrer le déluge que connaissent nos produits locaux via les pratiques d’importations massives et incontrôlées ainsi que le dumping.

En fin, nous avons procédé par des dénonciations publiques des pratiques politiques d’idéologies néo ou ultralibérales prônées par le FMI, l’OMC et la BM, et que charrient les négociations en cours entre l’UE et les pays ACP, en vue de l’objectif ultime qui est le libre-échange.

La deuxième étape fut celle du marché Mokolo, le 26/01/2008 à la même heure et toujours avec les mêmes mécanismes, et résultats. Toujours le déluge. Les produits importés inondent nos marchés locaux au détriment de ceux produits sur place.

Prenons quelques exemples à cet effet, en commençant par les conditions inégales d’échanges. Si un Kg du riz importé des Etats-Unis ou d’Asie entre au Cameroun sans frais de douane, il coûte 200 à 300 Frs cfa maximum sur le marché contre 400 et 500 Frs cfa pour le riz Camerounais. Pour une raison simple. Le riz Américain ou Asiatique bénéficie d’abord des subventions agricoles avant d’arriver à son usinage, puis des subventions à l’exportation. Privilèges qui lui donnent un prix de revient plus bas, et le rend plus compétitif au prix de vente que le riz Camerounais au coût de production prohibitif, et qui ne se trouve presque pas dans la plupart de nos marchés locaux faute de péréquation jadis applicable pour amoindrir les prix de vente, promouvoir sa commercialisation, sa distribution sur l’ensemble du territoire national, et de garantir un prix rémunérateur aux paysans.

Le Cameroun est potentiellement un grand pays producteur de riz et de blé. Il est donc venu le moment de repenser nos politiques agricoles et commerciales, ou politique de développement tout court, si nous voulons atteindre les objectifs du millénaire pour le développement en 2015 ; en optant par des mesures protectionnistes contre les importations massives des produits agricoles (Riz, Blé, poissons,…) et pour la promotion d’une production locale durable.

Des résultats de telles mesures nous assurerons notre droit à l’alimentation, des créations d’emplois, le développement rural, l’économie des devises, l’autosuffisance vers la souveraineté alimentaire. Les surplus pourront donc entrer dans le commerce international sans risque.

Nous souhaitons à travers le FSM 2008 que nous avons conjointement organisé avec La Via Campesina, vous conviez à un nouvel appel à mobilisation et d’action permanent contre les APE de l’UE/ACP.

Nous pouvions déjà avoir été tromper autrefois, mais maintenant, nous savons tous et toutes, qui nous sommes, ce que nous valons et ce que nous voulons. Voilà pourquoi les 23 et 26/01/2008, on pouvait lire sur nos panneaux :

- L’OMC tue les paysans, Barrons lui la route dans l’agriculture ,

- Pas d’APE sans souveraineté alimentaire au Cameroun,

- Le Temps est venu pour la réforme agraire,

- Accordons aux femmes et aux jeunes la place qu’ils méritent dans notre société,

- La Place de la souveraineté alimentaire est de CHOIX dans notre constitution, globalisons la Lutte, globalisons l’Espoir,

- Etc….

Nous paysans dont le souverain devoir consiste, dans la production nourricière vers la construction de la souveraineté alimentaire du Cameroun. Nous dont l’indolence et les maux qui résultent des manèges de la mondialisation du commerce agricole via la puissance des multinationales… ne nous laissent à peine le temps de pourvoir à notre subsistance dignement.

Le concept de souveraineté alimentaire nous convie au quotidien à l’espoir qu’un autre monde est possible si et seulement si nous globalisons la lutte.

Ensemble, construisons le maintenant ! car il commence dans votre assiette.

Vive le FSM 2008

Vive la Via Campesina

Vive la souveraineté alimentaire

Vive le CORDAP

Les paysans et paysannes du CORDAP – Cameroun / La Via Campesina

Activités de la COPACO-PRP (République Démocratique du Congo) le 26 janvier 2008, Journée d’Action Globale (FSM 2008)

Concernant le Forum Social Mondial au niveau local, la COPACO s'était inscrite pour le théâtre forum qu'elle a aussi organisé en présence des autorités du ministère de l'Agriculture et Développement rural et municipaux.

Nous avons réuni à l'occasion 416 membres des organisations paysannes réunies au sein de notre plate-forme nationale qui est la COPACO. Ceci s'est déroulé au Centre Culturel Monseigneur Dieudonné N'SANDA sur l’Avenue Kambi n° 12 de la commune de Masina à Kinshasa, capitale de la RDCongo.

Le thème central de la manifestation : « Avec les paysans,un Autre Congo est possible ».

Il a été proposé des exposés divers sur :

- l'agriculture paysanne face au changement climatique, animé par Monsieur NDEKE Boniface de l'organisation paysanne AIDEN

- L'alliance contre la révolution verte est possible pour maintenir des paysans nombreux à l'agri- culture familiale animé par Madame GUNUMINA Collette et Monsieur LUVWEVWA LEBO.

- la lutte contre la pauvreté et les objectifs du millenium de développement, animé par l'ami Nathanael BUKA MUPUNGU,Porte-parole national de la COPACO-PRP.

- La réussite de la campagne globale sur la reforme agraire est possible en RD Congo animé par Monsieur LUFUTU Anatole présidente de l'organisation des para-juristes catholiques.

De cette journée, il a été recommandé ce qui suit :

- De faire des alliances utiles pour la construction d'un Autre Congo qui est possible avec les paysans autochtones.

- De mener la campagne globale sur la reforme agraire en RD Congo en partenariat avec la Via Campesina Afrique et internationale.

- De sauvegarder l'unité dans la diversité et l'esprit de la solidarité au sein de la COPACO.

- De rechercher des partenaires potentiels pour soutenir la COPACO dans la réalisation des activités de mobilisation de grand envergure.

- Organiser un congrès national des paysans congolais pour garantir l'harmonie et constituer une batterie d'orientation de la lutte paysanne en RDC

- Etre informer des activités de mobilisation des masses paysannes à l'echel mondial

- Faire le plaidoyer au niveau national pour garantir la protection des valeurs et des droits

paysans

- Organiser une conférence sur l'organisation des marchés locaux dans le cadre du programme de la souveraineté alimentaire.

- Faire fonctionner la commission nationale de travail " COPACO Droits humains"

A la fin de la journée, un dîner de solidarité a été organisé, accompagné de spectacles, poèmes et théâtre dans le cadre d’une mistica.

NB. Un CD est disponible au bureau national de la COPACO.


Pour la COPACO 26 JANVIER 2008

Nathanael BUKA MUPUNGU

Porte-parole national

mercredi 30 janvier 2008

Represion de la Marcha Campesina en Mozambique (ESP)


Hoy Jueves 24 de Enero de 2008, a las 9 de la mañana en la capital del Distrito de Manhiça, se reunieron alrededor de 300 campesinos y campesinas, miembros de las Uniones Distritales de Campesinos de Manhiça y Marracuene (UNAC - miembro de La Vía Campesina) para entregar una carta a la Administradora del Distrito, en la cual reclaman una mejor implementación de la ley de tierras y para denunciar la violación de los legítimos derechos que los campesinos tienen sobre la tierra, así como las abusivas tasas que para la comercialización se está imponiendo a los campesinos.

De manera pacífica y bajo los lemas: "La tierra es nuestra riqueza", "Valoricemos nuestra producción agrícola", "Apoyando la producción: así defendemos la tierra", "Campesinos Unidos Siempre Venceremos", "Por la correcta implementación de la ley de tierras", se inició la marcha desde la Sede de la Unión de Campesinos de Manhiça hacia la Sede de la Administración Distrital.

Después de 20 minutos aproximadamente de iniciada la marcha, una barrera policial formada por aproximadamente 10 policías uniformados y armados con sus pistolas y metralletas reglamentarias interrumpen la marcha con la argumentación de que no ha sido autorizada.

Otros 10 agentes antidisturbios pertrechados con gas lacrimógeno, escopetas, balas de goma y otras armas y munición "de fuego", esperan su turno en una camioneta estacionada a unos pocos metros del punto de encuentro entre policía y manifestantes, justo donde terminaba el camino de arena y empezaba la carretera nacional no. 1.

Durante un periodo de 30 minutos, se produce un intercambio de argumentos por parte de los representantes de los campesinos (encabezados por el Vicepresidente de la UNAC y miembro de la Unión de Campesinos de Marracuene –Joao Palate-) y el Jefe de la Policía de Manhiça, al cual se le presentan las cartas en las que se comunica tanto al Presidente del Conselho Municipal como a la Administradora del Distrito, que se va a realizar una marcha pacífica en los términos expuestos inicialmente. También se le muestra una carta a la policía, dirigida al propio Cuerpo de la policía informando de la actividad y solicitando su presencia para garantizar que todo transcurra con orden y sin poner en peligro la seguridad ciudadana.

Pasados unos 15 minutos del inicio de la conversación, los agentes antidisturbios toman posiciones y se colocan en fila frente a los manifestantes (quedando el grupo de "negociadores" entre los antidisturbios y los manifestantes).

El jefe de la Policía argumenta que a pesar de ser una manifestación pacífica, de reconocer que han sido informados debidamente tanto su Cuerpo como las autoridades locales, tiene órdenes provenientes del Presidente del Conselho Municipal de la ciudad de Manhiça de abortar la manifestación.

Después de 30 minutos de conversación, el Jefe de la policía dice que se le ha acabado la paciencia y que van a cargar para dispersar a las personas. Los antidisturbios empiezan a cargar sus escopetas con balas de gomas y con gas.

En ese momento, y haciendo un ejercicio de responsabilidad ciudadana, los manifestantes deciden recular y dar marcha atrás. Pacíficamente llegaron hasta allí y pacíficamente de allí se marcharían. En ese momento, cuando los hombres y mujeres, niños y niñas, ancianos y ancianas que allí se encontraban empezaron a caminar de vuelta a la Sede de la Unión Distrital de Manhica, los agentes antidisturbios comenzaron a cargar y a golpear por la espalda y a traición, de manera cobarde, con alevosía y abuso de poder, a los hombres y mujeres que pacíficamente y desarmados cumplían con la orden dada por la policía de volver para la Sede.

Durante unos 10 minutos fuimos amablemente acompañados por estos agentes que golpeaban indiscriminadamente y sin piedad alguna a los hombres y mujeres que allí nos encontrábamos.

Varias personas resultaron contusionadas, lamentando que un miembro de la Unión de Manhiça tuviera que ser llevado al Hospital de la Sede del Distrito por los compañeros de CIC Batá al encontrarse seriamente dolorido de un brazo con incapacidad de movilización del mismo.

2 cámaras de fotos fueron arrebatadas por la fuerza por parte de agentes antidisturbios a los manifestantes. Una de ellas, fue arrancada de las manos a la compañera de CIC Batá Luisa Alberto Fumo por un agente antidisturbios con agresividad desproporcionada cuando volvíamos pacíficamente a la Sede de la Unión en cumplimiento de la orden policial.

La otra cámara fue arrebatada al compañero Luis (UNAC) cuando se dirigía desde la Sede de la Unión hacia la ciudad en coche. Los campesinos y campesinas ya se encontraban en la Sede de la Unión y la policía seguía en el mismo punto donde empezó todo. Allí montaron un control y pararon al compañero Luis (UNAC) obligándole a entregarles la cámara.

Los medios de comunicación (como STV-Televisión) que fueron convocados por parte de CIC Batá para cubrir el evento fueron engañados, ya que al presentarse en la Sede de la Administración Distrital, les dijeron que "no había ninguna manifestación convocada". Estos, al ver que realmente no había nadie por la calle (ya que la policía había abortado la marcha justo en el cruce de acceso a la carretera nacional no. 1), se dieron la vuelta a Maputo. A la altura de Marracuene, conseguimos contactar con ellos por teléfono para que volvieran y explicarles lo ocurrido, pero habían tenido un accidente con el coche y fue imposible para ellos volver.

A pesar de todo, la noticia pudo ser cubierta por Radio de Mozambique y por un periódico local.

Cuando volvimos a la Sede de la Unión, estábamos indignados y enfadados preparamos algunos alimentos para comer y tuvimos una asamblea improvisada en la cual se fueron explicando los casos de abusos que se ha tenido contra campesinos y campesinas en los últimos tiempos en el Distrito de Manhiça (robo de tierras permitidas -cuando no inducidas- por parte del corrupto Presidente del Conselho Municipal de la Sede Distrital –el mismo que ordenó abortar la manifestación- a favor de privados y de la empresa azucarera MARAGRA), la encarcelación ilegal de varios miembros de las asociaciones de la Unión de Campesinos de Manhiça a los que les fue robada la tierra, etc.

Alrededor de las 15 h., los compañeros de CIC Batá acompañados de varios miembros de la Unión de Campesinos de Manhiça nos dirigimos al control de la policía (donde todavía seguían) para exigir la devolución de la cámara fotográfica arrebatada a la compañera Luisa.

Cuando llegamos al control de la policía, Marrengula y Yo (Santi) salimos del coche y somos acompañados por un policía antidisturbios hasta donde se encuentran los jefes de la policía junto con otros policías sin rango, en la terraza de un bar junto a la carretera. Preguntan a Marrengula que quién es y Yo les respondo que trabajamos juntos, uno de ellos se burla diciendo que es mi chófer y el resto suelta una carcajada. A continuación le dicen de muy malas formas que se vaya de allí y Marrengula se va.

Me quedo con la policía y les digo que me devuelvan la cámara, ellos me dicen que me la devuelven si borro delante de ellos todas las fotos en las que sale la policía. Yo accedo a borrar las fotos y me devuelven la cámara. Antes de irme, me toman los datos (nombre, apellidos y organización que represento) y me preguntan que donde está nuestra Sede y qué hacemos en Manhiça. Después de explicarles lo que me preguntaron, me dejaron ir.

Una vez recuperada la cámara, llevamos al compañero herido al hospital y nos volvemos para la ciudad de Maputo.

Esto es lo que ha ocurrido hoy 24 de enero en el Distrito de Manhiça de la Provincia de Maputo en Mozambique.

Santiago Merino Lopez - CIC BATA

Déclaration de Nyéléni

DECLARATION DE NYÉLÉNI

27 février 2007

Village de Nyéléni, Sélingué, Mali

Nous, plus de 500 représentants de plus de 80 pays, d’organisations de paysans, de pêcheurs traditionnels, de peuples autochtones, de peuples sans terre, de travailleurs ruraux, de migrants, d’éleveurs nomades, de communautés habitant les forêts, de femmes, de jeunes, de consommateurs, de mouvements écologistes et urbains, nous sommes réunis dans le village de Nyéléni à Sélingué, au Mali, afin de renforcer le mouvement mondial pour la souveraineté alimentaire. Nous le faisons brique par brique, en vivant dans des cases construites à la main dans le respect de la tradition locale et en consommant des aliments produits et préparés par la communauté de Sélingué…Nous avons baptisé notre démarche collective « Nyéléni », en hommage à une légendaire paysanne malienne qui nous a inspiré, une femme qui a remarquablement cultivé les terres et nourrit les siens.

La plupart d’entre nous sommes producteurs et productrices alimentaires et sommes prêts, capables et désireux de nourrir les peuples du monde. Notre patrimoine en tant que producteurs alimentaires est crucial pour l’avenir de l’humanité. Cela vaut particulièrement pour les femmes et les peuples indigènes, créateurs historiques de savoirs alimentaires et agricoles, qui sont sous-estimés.

Cependant, ce patrimoine et nos capacités à produire des aliments sains, de qualité et en abondance se voient menacés, sapés, par le néolibéralisme et le capitalisme mondial. La souveraineté alimentaire nous donne l’espoir et le pouvoir de préserver, de récupérer et développer notre savoir et capacité de production alimentaire.

La souveraineté alimentaire est le droit des peuples à une alimentation saine, dans le respect des cultures, produite à l’aide de méthodes durables et respectueuses de l’environnement, ainsi que leur droit à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles. Elle place les producteurs, distributeurs et consommateurs des aliments au coeur des systèmes et politiques alimentaires en lieu et place des exigences des marchés et des transnationales. Elle défend les intérêts et l’intégration de la prochaine génération. Elle représente une stratégie de résistance et de démantèlement du commerce entrepreneurial et du régime alimentaire actuel. Elle donne des orientations pour que les systèmes alimentaires, agricoles, halieutiques et d’élevage soient définis par les producteurs locaux. La souveraineté alimentaire donne la priorité aux économies et aux marchés locaux et nationaux et fait primer une agriculture paysanne et familiale, une pêche traditionnelle, un élevage de pasteurs, ainsi qu’une production, distribution et consommation alimentaires basées sur la durabilité environnementale, sociale et économique. La souveraineté alimentaire promeut un commerce transparent qui garantisse un revenu juste à tous les peuples et les droits des consommateurs à contrôler leurs aliments et leur alimentation. Elle garantit que les droits d’utiliser et de gérer nos terres, territoires, eaux, semences, bétail et biodiversité soient aux mains de ceux et celles qui produisent les aliments. La souveraineté alimentaire implique de nouvelles relations sociales, sans oppression et inégalités entres les hommes et les femmes, les peuples, les groupes raciaux, les classes sociales et les générations.

À Nyéléni, lors des multiples débats et échanges, nous approfondissons notre compréhension collective de la souveraineté alimentaire et avons pris conscience de la réalité des luttes de nos mouvements respectifs pour conserver leur autonomie et recouvrer leurs pouvoirs. Nous connaissons désormais mieux les instruments nécessaires pour bâtir notre mouvement et promouvoir notre vision collective.

Pour quoi nous battons-nous ?

Un monde où …

…où tous les peuples, nations et états puissent définir leurs propres systèmes et politiques de production alimentaire, garantissant à chacun d’ entre nous une alimentation de qualité, appropriée, abordable, saine et respectueuse de la culture

…où le rôle et les droits des femmes dans la production alimentaire ainsi que la représentation des femmes au sein de tous les organes directeurs soient reconnus et respectes

…où tous les peuples de tous nos pays puissent vivre dignement, obtenir une rémunération décente pour leur labeur et aient la possibilité de rester chez eux

… où la souveraineté alimentaire est considérée comme un droit humain fondamental, reconnu et respecté par les communautés, les peuples, les états et les organes internationaux

…où nous puissions préserver et réhabiliter les milieux ruraux, les réserves halieutiques, le paysage et les traditions alimentaires reposant sur une gestion durable et respectueuse de l’environnement, des terres, sols, eaux, mers, semences, bétail et autre biodiversité ;

…où nous reconnaissons, apprécions à sa juste valeur et respectons notre diversité de savoirs, d’aliments, de langues et de cultures traditionnels et la façon dont nous nous organisons et faisons entendre notre voix ;

…où existe une véritable réforme agraire intégrale qui garantisse aux paysans tous les droits sur leurs terres, qui défende et récupère les territoires des peuples autochtones, assure aux communautés de pêcheurs l’accès et le contrôle de leurs zones de pêche et écosystèmes, honore l’accès et le contrôle des pâturages et des voies migratoires, garantisse un travail décent pour une rémunération juste ainsi que les droits de tous les travailleurs et un avenir à la jeunesse dans les campagnes. ;

…où la réforme agraire revitalise l’interdépendance entre producteurs et consommateurs, assure la survie de la communauté, la justice économique et sociale, la pérennité écologique ainsi que l’autonomie et la gouvernance locales, dans le respect des droits égaux entre les hommes et les femmes,

…où le droit au territoire et à l’autodétermination des peuples est garanti.

…où nous partageons pacifiquement et équitablement nos territoires entre nos peuples, que nous soyons paysans, communautés autochtones, pêcheurs traditionnels, pastoralistes, etc.

…où, dans le cas de catastrophes naturelles et provoquées par l’homme et de situations post conflit, la souveraineté alimentaire soit une « assurance » qui renforce les initiatives de reconstruction locale et atténue les répercussions négatives. Où nous gardons à l’esprit que les communautés touchées ne sont pas désespérées et où les organisations locales et fortes d’aide à l’entraide sont au coeur de la reconstruction.

…où le pouvoir des peuples à prendre des décisions relatives à leurs patrimoines matériels, naturels et spirituels soit défendu.


Contre quoi nous battons-nous ?

L’impérialisme, le néolibéralisme, le néocolonialisme et le patriarcat ainsi que tous les systèmes qui appauvrissent la vie, les ressources et les écosystèmes mais aussi leurs promoteurs, tels que les institutions financières internationales, l’Organisation Mondiale du Commerce, les accords de libre échange les multinationales et les gouvernements ennemis des peuples.

Le dumping d’aliments à des prix inférieurs aux coûts de production dans l’économie mondiale

La domination de nos systèmes alimentaires et agricoles par les multinationales qui font prévaloir les profits sur les peuples, la santé et l’environnement.

Les technologies et les pratiques qui minent nos capacités futures de production alimentaire, nuisent à l’environnement et mettent en péril notre santé. Entendons par là les cultures et les animaux transgéniques, la technologie terminator, l’aquaculture industrielle et les pratiques halieutiques destructives, la soi-disant révolution blanche des pratiques laitières industrielles, l’« ancienne » et la « nouvelle » révolution verte et les « déserts verts » des monocultures industrielles d’agrocarburants et autres plantations.

La privatisation et marchandisation des aliments, des services publics et de base, du savoir, de la terre, de l’eau, des semences, du bétail et de notre patrimoine naturel

Les modèles et projets de développement et l’industrie d’extraction qui déplacent les peuples et détruisent l’environnement et notre patrimoine naturel ;

Les guerres, les conflits, les occupations, les embargos économiques, les famines, les déplacements forces des peuples et la confiscation de leurs terres, ainsi que toutes les forces et gouvernements qui sont à leur origine et les appuient ; les programmes de reconstruction a la suite de conflits et de catastrophes naturelles qui détruisent nos environnements et nos capacités

La criminalisation de tous ceux qui luttent pour protéger et défendre nos droits ;

L’aide alimentaire qui cache le dumping, introduit des OGM dans notre environnement et systèmes alimentaires locaux et crée un nouveau colonialisme, l’internationalisation et mondialisation des valeurs paternalistes et patriarcales marginalisant les femmes, les diverses communautés agricoles, autochtones, pastorales et de pêcheurs dans le monde ;


Que pouvons-nous faire ?

Tout en travaillant avec la communauté locale a Sélingué pour créer un espace de rencontre a Nyéléni, nous nous engageons a développer notre mouvement collectif pour la souveraineté alimentaire en passant des alliances, en appuyant nos luttes respectives et en offrant notre solidarité, forces et créativité aux peuples du monde entier qui luttent pour la souveraineté alimentaire. Toute lutte, en tout lieu du monde, pour la souveraineté alimentaire, est notre lutte.

Nous avons abouti à plusieurs actions collectives afin de partager notre vision de la souveraineté alimentaire avec tous les peuples de cette terre, actions qui sont reprises dans notre document de synthèse. Nous mettrons ces actions en oeuvre dans nos zones locales et régions respectives, au sein de nos mouvements et conjointement avec les autres, de façon solidaire. Nous partagerons notre vision et plan d’action pour la souveraineté alimentaire avec ceux qui peuvent être ici avec nous a Nyéléni, de sorte que l’esprit de Nyéléni se répande dans le monde et devienne la force puissante qui fera de la souveraineté alimentaire une réalité pour tous les peuples du monde.

Enfin, nous apportons notre soutien inconditionnel et inébranlable aux mouvements paysans du Mali et au ROPPA pour répondre à leur souhait que la souveraineté alimentaire devienne une réalité au Mali et par extension dans toute l’Afrique

L’heure de la souveraineté alimentaire est venue !