vendredi 7 novembre 2008

Déclaration de Maputo: V Conférence Internationale de La Via Campesina

Maputo, Mozambique, 19-22 octobre 2008

Pour la souveraineté alimentaire! Unité et mobilisation des peuples!

Nous, hommes et femmes, sommes les gens de la terre, ceux et celles qui produisent l’alimentation du monde. Nous avons le droit de continuer à être paysannes et paysans et la responsabilité de continuer à nourrir nos peuples. Nous, hommes et femmes, prenons soin des semences, qui sont la vie et pour nous, l’acte de produire est un acte d’amour. L’humanité a besoin de nous, et nous refusons de disparaître.

Nous, La Via Campesina, mouvement mondial d’organisations de femmes rurales, de paysans, de paysannes de petits agriculteurs et agricultrices, travailleurs et travailleuses des campagnes, peuples indigènes, afro-descendants, d’Asie, d’Europe, d’Amérique et d’Afrique, sommes réunis à Maputo, Mozambique, du 19 au 22 octobre 2008 pour notre Ve Conférence Internationale. Nous avons été reçus de manière chaleureuse, fraternelle par nos hôtes, la União Nacional de Camponeses (UNAC) du Mozambique.

Nous sommes réunis pour réaffirmer notre détermination à défendre l’agriculture paysanne, nos cultures et notre droit à continuer d’exister en tant que peuples avec une identité propre. Nous sommes plus 550 personnes, dont 325 délégués et déléguées venant de 57 pays, représentant des centaines de millions de familles paysannes. Les femmes constituent plus de la moitié des personnes qui produisent des aliments dans le monde et nous célébrons ici notre Troisième Assemblée des Femmes. Nous célébrons également notre Seconde Assemblée des Jeunes de la Via Campesina, car la participation décisive de le jeunesse garantit le présent comme le futur du monde rural. Au cours de cette Ve Conférence Internationale, nous avons ratifié également l’adhésion de 41 nouvelles organisations de La Via Campesina et nous avons compté avec la participation de nombreuses organisations et mouvements alliés du monde entier, au cours de notre première Assemblée avec les alliés de La Via Campesina.

Quatre années de lutte et de victoire

Au cours de la Ve Conférence Internationale, nous sommes revenus sur les principales luttes, actions et activités depuis la IVe Conférence Internationale qui a eu lieu à Itaici au Brésil en juin 2004. Parmi elles, il faut souligner les mobilisations massives contre l’OMC, contre les Accords de Libre Echange (ALE) dans différentes régions du monde et contre le G8 à Rostock et Hokkaido. En 2005, La Vía Campesina a été très présente lors de la journée de lutte devant le sommet de l’OMC à Hong Kong, participant ainsi à la plus récente des actions continues qui ont permis aux mouvements sociaux de maintenir paralysées les négociations lors des sommets de l’OMC, depuis Seattle en 1999. Nous jouons également un rôle central dans d’autres mobilisations contre l’OMC, de Genève jusqu’en Inde.

En 2007, nous avons organisé, avec nos principaux alliés, le Forum International sur la Souveraineté Alimentaire à Nyeleni au Mali. Ce fut un moment crucial de la construction d’un grand mouvement mondial pour la souveraineté alimentaire. Environ 500 délégués des plus importants mouvements sociaux au monde ont participé à cet évènement et un agenda stratégique et d’action pour les prochaines années a été défini. Avant mais aussi après Nyeleni, nous avons organisé de nombreuses réunions nationales et régionales sur la souveraineté alimentaire. Au cours des dernières années, nous sommes parvenus à ce que plusieurs pays, dont l’Equateur, la Bolivie, le Népal, le Mali, le Nicaragua et le Venezuela incorporent le concept de souveraineté alimentaire dans leur Constitution et/ou leurs lois nationales.

Au travers de notre Campagne Mondiale pour la Réforme Agraire, expression de nos luttes pour la terre et en défense du territoire, nous avons co-organisé le Forum Mondial de la Réforme Agraire à Valence, en Espagne en 2004 et en 2006, nous avons organisé la Rencontre Internationale des Sans Terre à Porto Alegre, Brésil, avant la Conférence Internationale sur la Réforme Agraire et le Développement Rural (CIRADR) de la FAO. Nous avons participé aux mobilisations des femmes du Brésil contre le désert vert de l’eucalyptus de la multinationale Aracruz le 8 mars, et lors du forum parallèle, nous avons obtenu de grandes avancées sur les positions des gouvernements. En 2007, nous avons organisé au Népal la Conférence Internationale sur la Souveraineté Alimentaire, la Réforme Agraire et les Droits Paysans.

En 2004, nous avons une fête mondiale d’échange de semences paysannes au cours de notre Ive Conférence. En 2005, nous avons organisé le Séminaire International sur les semences « Libérons la diversité », comme un volet de notre lutte globale en faveur des semences paysannes et contre les OGM et la technologie Terminator. La Vía Campesina du Brésil a organisé des mobilisations durant la Conférence Internationale de la Convention sur la Diversité Biologique (COP-8) en Mars 2006 à Curitiba, Brésil. Sur ces mêmes thèmes, nous avons tenu des activités importantes à Mysore en Inde la même année et en 2008 à Bonn, en Allemagne et aussi en France, où une grève de la faim a fortement contribué à l’interdiction du maïs génétiquement modifié de Monsanto. En 2007 au Brésil, Keno, un grand combattant du MST a été assassiné par un homme armé à la solde de Syngenta mais au bout d’un an, nous avons réussi à obliger Syngenta à rendre au gouvernement les terres utilisées illégalement pour des expérimentations transgéniques.

La Vía Campesina, en compagnie d’autres mouvements sociaux, a organisé la « Village de la solidarité » en parallèle à la Conférence sur le Changement Climatique que l’ONU a organisée à Bali, Indonésie en 2007, où nous avons avancé l’argument que l’agriculture paysanne refroidit la planète.

En 2008, nous avons organisé à Djakarta, Indonésie, une conférence internationale centrée sur notre proposition de Déclaration Internationale des Droits des Paysans. Avant la conférence internationale, a eu lieu l’Assemblée des Femmes sur les Droits des Paysans et des Paysannes.

L’engagement solidaire de la Via Campesina a été mis en évidence en 2004 lors de notre effort mondial pour canaliser l’aide alternative aux victimes du tsunami ; en 2007 avec la participation de trois délégations à des rencontres avec les Zapatistes au Mexique et chaque année lors d’actions importantes de solidarité avec les combattants et combattantes victimes de la criminalisation des manifestations sociales sur tous les continents.

Le déplacement de populations rurales consécutif au modèle néolibéral provoque le déplacement massif de personnes, devenant un thème critique pour La Via Campesina. Depuis 2004, nous élaborons nos stratégies et nos actions sur ces thèmes au sein de notre nouvelle Commission de Travail sur les Migrations et les Travailleurs Ruraux. Nous avons mené diverses actions contre le mur de la honte qu’élèvent les EU.

D’un peuple à un autre, d’un pays à un autre, nous avons mené à bien les luttes de La Vía Campesina. Notre mouvement est présent dans toutes les régions du monde où le néolibéralisme est imposé aux paysans, aux paysannes et aux populations rurales.

La lutte de La Vía Campesina inspire, stimule et génère la résistance des mouvements sociaux contre les politiques néolibérales. Le nombre de pays où des gouvernements progressistes atteignent le pouvoir après des années de mobilisation va augmenter. Et un grand nombre de gouvernements locaux et nationaux ont accentué leur résistance et leur intérêt pour le programme de la souveraineté alimentaire suite à la mobilisation populaire et en réponse à la crise mondiale des prix des produits alimentaires

L’offensive du capitalisme dans les campagnes, les crises multiples et le dépouillement des peuples paysans et indigènes

Dans le contexte mondial actuel, nous sommes confrontés à une convergence de plusieurs crises : alimentaire, climatique, énergétique et financière. Ces crises trouvent leurs origines communes dans le système capitaliste et plus récemment dans la dérégulation effrénée de ses domaines d’activité respectifs d’activité économique, qui donnent la priorité au commerce et au profit. Dans les régions rurales du monde entier, nous avons vu une offensive féroce du capital et des entreprises multinationales sur l’agriculture et les biens naturels (eau, forêts, minerais, biodiversité, terre, etc.) qui se traduit par une guerre d’expulsion contre les populations paysannes et les peuples indigènes, en utilisant des prétextes fallacieux comme les arguments erronés qui soutiennent que les agrocarburants sont une solution à la crise climatique et énergétique alors que la vérité montre le contraire. Quand les peuples exercent leurs droits et résistent à cette expulsion généralisée ou quand ils sont obligés de grossir les flux migratoires, la réponse est toujours plus de criminalisation, plus de répression, plus de prisonniers politiques, plus d’assassinats, plus de murs de la honte et plus de bases militaires.

Déclaration des Droits des Paysannes et des Paysans

Nous voyons la future Déclaration des Droits des Paysannes et des Paysans de l’ONU comme un outil essentiel dans le système légal international pour renforcer notre position et nos droits en tant que paysans et paysannes. C’est pourquoi nous lançons également la Campagne Mondiale pour une Déclaration des Droits des Paysannes et des Paysans.

Souveraineté Alimentaire : la solution aux crises et la vie des peuples

Cependant, la situation actuelle de crise est également une opportunité parce que la souveraineté alimentaire offre la seule alternative réelle tant pour la vie des peuples que pour inverser les crises. La souveraineté alimentaire répond à la crise alimentaire, en se basant sur une production paysanne locale et aux crises climatique et énergétique en s’attaquant aux deux principales sources de gaz à effet de serre, le transport des aliments sur de grandes distances et l’agriculture industrialisée. Enfin, elle interdit la spéculation sur les produits alimentaires afin de réduire la crise financière. Le modèle dominant signifie la crise et la mort ; la souveraineté alimentaire est la vie et l’espoir pour les populations rurales et aussi pour la population consommatrice. La souveraineté alimentaire requiert la protection et la re-nationalisation des marchés nationaux d’aliments, la promotion de circuits locaux de production et de consommation et la lutte pour la terre, la défense des territoires des peuples indigènes et la réforme agraire intégral. Elle se fonde également sur le changement de modèle productif vers une production agro-écologique et durable, sans pesticides et sans OGM et fondée sur les connaissances paysannes et indigènes. Comme principe général, la souveraineté alimentaire se construit à partir de nos expériences concrètes au plan local, c’est-à-dire du local au national.

La crise provoque des souffrances incalculables parmi nos peuples et met à mal la légitimité du modèle néolibéral du « libre échange » et quelques gouvernements locaux et nationaux plus progressistes ont commencé à chercher des solutions alternatives. Au sein de La Via Campesina, nous devons être capables de profiter de ces opportunités.

Nous devons développer une méthodologie de travail incluant un dialogue critique et constructif pour parvenir à des réussites de la mise en œuvre de la souveraineté alimentaire avec ces gouvernements. Nous devons également profiter des espaces internationaux « d’intégration alternative » comme l’ALBA et Petrocaribe pour avancer sur ce terrain. Mais nous ne devons pas seulement parier sur les gouvernements : nous devons construire la souveraineté alimentaire depuis la base, sur les territoires et les autres espaces contrôlés par les mouvements populaires, les peuples indigènes, etc. L’heure de la souveraineté alimentaire est venue et nous devons prendre l’initiative pour avancer sur ce terrain dans tous les pays. Nous, paysans et paysannes du monde entier, pouvons et voulons nourrir le monde, nos familles et nos peuples, avec des aliments sains et accessibles.

Les entreprises multinationales et le libre échange

Notre réflexion nous a éclairés sur le fait que les entreprises multinationales et financières constituent parmi nos ennemis communs les plus importants et qu’en tant que tels, nous devons lutter de manière toujours plus directe contre elles. D’ailleurs, ce sont elles qui sont derrière les autres ennemis du monde paysan, comme la Banque Mondiale, le FMI, l’OMC, les ALE et les APE, les gouvernements néolibéraux ainsi que l’expansionnisme économique agressif, l’impérialisme et le militarisme. Nous sommes actuellement dans une période où nous devons redoubler d’efforts dans notre lutte contre les ALE et les APE, contre l’OMC mais en tenant compte du rôle central des multinationales.

L’avancée des femmes est l’avancée de La Via Campesina

Un thème qui reste bien clair lors de notre Ve Conférence est que toutes les formes de violence envers les femmes dans nos sociétés – notamment la violences physique, économique, sociale, machiste, celle de la différence de pouvoir et celle culturelle – sont également présentes dans les communautés rurales et ainsi dans nos organisations. En plus d’être une énorme source d’injustice, elle limite la portée de nos actions. Nous reconnaissons la relation intime entre le capitalisme, le patriarcat, le machisme et le néolibéralisme au détriment des paysannes du monde entier. Nous tous, hommes et femmes de La Via Campesina, nous engageons de manière responsable à construire des relations humaines nouvelles et meilleures entre nous, en tant que composante essentielle de la construction des nouvelles sociétés auxquelles nous aspirons. C’est pourquoi, au cours de cette Ve Conférence, nous décidons de rompre le silence et nous lançons la Campagne Mondiale « Pour la Fin de la Violence Envers les Femmes ». Nous nous engageons de nouveau et avec une force encore plus grande à atteindre la complexe mais nécessaire parité réelle dans tous les espaces et instances de participation, d’analyse, de débat et de décisions dans la Via Campesina et nous renforcerons l’échange, la coordination et la solidarité entre les femmes de nos régions. Nous reconnaissons le rôle central de la femme dans l’agriculture d’autosuffisance alimentaire et la relation spéciale des femmes avec la terre, la vie et les semences. De plus, les femmes sont et ont été déterminantes dans la construction de La Via Campesina depuis ses débuts. Si nous ne vainquons pas la violence envers les femmes dans notre mouvement, nous n’avancerons pas dans nos luttes ; et si nous ne construisons pas de nouvelles relations de genre, nous ne pouvons pas construire une nouvelle société.

Nous ne sommes pas seuls : la construction d’alliances

Nous, paysans et paysannes, ne pouvons pas gagner seuls nos luttes pour la dignité, pour un système alimentaire et agraire plus juste et rendre possible un autre monde meilleur. Nous devons construire et renforcer nos alliances naturelles et stratégiques avec les mouvements et organisations qui partagent notre vision ; cela est l’un des engagements spécifiques de cette Ve Conférence.

La jeunesse nous donne l’espoir pour le futur

Le modèle dominant dans les campagnes n’offre aucune alternative pour les jeunes et c’est une raison importante pour changer cela. Les jeunes, hommes et femmes, sont notre base pour le futur et ainsi, nous nous engageons à leur pleine insertion et participation créative à tous les niveaux de nos luttes.

La formation pour renforcer nos luttes

Pour parvenir à de plus grands succès et victoires dans nos luttes, nous devons nous consacrer au renforcement interne de notre mouvement. C’est pourquoi la formation politique, le renforcement des capacités et l’amélioration de la communication et l’organisation entre nous et nos alliés sont nécessaires pour renforcer notre capacité collective d’analyse et de transformation de nos réalités.

Diversité et unité en défense de l’agriculture paysanne

En tant que mouvement transnational, nous pouvons affirmer que l’une de nos plus grandes forces est notre capacité à réunir différentes cultures et modes de pensée autour d’une même lutte. La Via Campesina constitue un engagement commun de résister et lutter pour la vie et l’agriculture paysanne

Nous, participants à la Ve Conférence de Via Campesina, nous nous engageons tous à défendre l’agriculture paysanne, la dignité et la vie et gagner le droit à la souveraineté alimentaire. Ainsi sont les paysans du monde et nous refusons de disparaître.

Globalisons la lutte! Globalisons l’espoir!

Declaración de Maputo: V Conferencia Internacional de la Vía Campesina

Maputo, Mozambique, Octubre 19-22, 2008

Soberanía alimentaria YA! Con la lucha y la unidad de los pueblos!

Nosotros y nosotras somos la gente de la tierra, quienes producimos alimentos para el mundo. Tenemos el derecho de seguir siendo campesinos y campesinas y la responsabilidad de continuar alimentando a nuestros pueblos. Cuidamos las semillas, que son la vida y pensamos que el acto de producir alimentos es un acto de amor. La humanidad necesita de nuestra presencia, nos negamos a desaparecer.

Todas nosotras y todos nosotros somos La Vía Campesina, un movimiento mundial de organizaciones de mujeres rurales, campesinos y campesinas, pequeños agricultores y agricultoras, trabajadores y trabajadoras del campo, pueblos indígenas, afrodescendientes, y juventud rural, de Asia, Europa, América y África, nos hemos reunidos en Maputo, Mozambique, del 19 al 22 de octubre de 2008, para celebrar nuestra V Conferencia Internacional siendo recibidos de manera calurosa, fraternal y combativa por nuestros anfitriones, la União Nacional de Camponeses (UNAC) de Mozambique. Estamos aquí para reafirmar nuestra determinación de defender la agricultura campesina, nuestras culturas y nuestro derecho a continuar existiendo como pueblos con identidad propia. Somos más de 550 personas, incluyendo más de 325 delegados y delegadas de 57 países, representando centenares de millones de familias campesinas. Las mujeres, que representamos mas de la mitad de las personas que producen alimentos en el mundo, nos encontramos celebrando, con energía y determinación, nuestra Tercera Asamblea Mundial de Mujeres. También celebramos nuestra Segunda Asamblea de Jóvenes de la Vía Campesina, ya que la participación decisiva de la juventud garantiza tanto el presente como el futuro del campo. En está V Conferencia Internacional también ratificamos a 41 organizaciones como nuevos miembros de La Vía Campesina, y contamos con la participación de muchas organizaciones y movimientos aliados de todo el mundo, en nuestra Primera Asamblea con los Aliados de La Vía Campesina.

Cuatro años de luchas y victorias

En la V Conferencia Internacional hemos revisado nuestras principales luchas, acciones y actividades desde la IV Conferencia Internacional realizada en Itaici, Brasil, en junio de 2004. Entre ellas se destacaron las movilizaciones masivas contra la OMC, contra los Tratados de Libre Comercio (TLCs) en diversas partes del mundo y contra el G8 en Rostock y Hokkaido. En el 2005 La Vía Campesina estuvo muy presente en la jornada de lucha frente a la Cumbre de la OMC en Hong Kong, participando así en la más reciente de las acciones continuas con las que los movimientos sociales hemos mantenido paralizadas las negociaciones en las cumbres de la OMC desde Seattle en 1999. También jugamos papeles centrales en otras movilizaciones contra la OMC, desde Ginebra hasta la India.

En 2007 organizamos con nuestros principales aliados el Foro Internacional sobre la Soberanía Alimentaria en Nyéléni, Malí. Este fue un momento crucial en la construcción de un gran movimiento global por la soberanía alimentaria. Participaron unos 500 delegados de los más importantes movimientos sociales de todo el mundo, definiéndose una agenda estratégica y de acción para los próximos años. Tanto antes como después de Nyéléni, organizamos muchas reuniones nacionales y regionales sobre la soberanía alimentaria. En los últimos años hemos logrado que varios países, entre ellos Ecuador, Bolivia, Nepal, Malí, Nicaragua y Venezuela, hayan logrado incorporar el concepto de soberanía alimentaria en su constitución y/o leyes nacionales.

A través de nuestra Campaña Global por la Reforma Agraria, expresión de nuestras luchas por la tierra y en defensa del territorio, co-organizamos el Foro Mundial de la Reforma Agraria en Valencia, España en el 2004, y en 2006 organizamos la Reunión Internacional de los Sin Tierra en Porto Alegre, Brasil, antes de la Conferencia Internacional sobre Reforma Agraria y Desarrollo Rural (CIRADR) de la FAO. Allí participamos en las movilizaciones de las mujeres de Brasil en contra del desierto verde de Eucalipto de la transnacional Aracruz el 8 de marzo, y en el Foro Paralelo, logrando importantes avances en la posición de los gobiernos. En 2007 organizamos, en Nepal, la Conferencia Internacional sobre Soberanía Alimentaria, Reforma Agraria y Derechos Campesinos.

En 2004 organizamos una fiesta global de intercambio de semillas campesinas, en el contexto de nuestra IV Conferencia. En 2005 organizamos el Seminario Internacional sobre Semillas "Liberar la Diversidad," como parte de nuestra lucha global a favor de las semillas campesinas y en contra de los transgénicos y la tecnología terminator. La Vía Campesina de Brasil organizó contundentes movilizaciones durante la Conferencia Internacional de la Convención de Diversidad Biológica (COP-8) en Marzo del 2006 en Curitiba, Brasil. Sobre los mismos temas tuvimos importantes actividades en Mysore, India ese mismo año, y en 2008 en Bonn, Alemania y en Francia, en donde una huelga de hambre ayudó fuertemente a conseguir la prohibición del maíz transgénico de Monsanto. En Brasil en 2007, Keno, un gran luchador del MST, fue asesinado por un pistolero contratado por Syngenta, pero un año después logramos que Syngenta tuviera que entregar al gobierno su área ilegal de experimentación con transgénicos.

La Vía Campesina, junto a otros movimientos sociales organizó “la aldea de la solidaridad” de forma paralela a la Conferencia Sobre el Cambio Climático que la ONU organizó en Bali, Indonesia (2007), en donde avanzamos con el argumento de que la agricultura campesina enfría el planeta.

En 2008 organizamos en Yakarta, Indonesia, una conferencia internacional centrada en nuestra propuesta para una Declaración Internacional de los Derechos de las Campesinas y los Campesinos. Previa a la conferencia internacional, se organizó la Asamblea de Mujeres Sobre los Derechos de los Campesinos y las Campesinas.

El compromiso solidario de la Vía Campesina fue evidenciado en el 2004 con nuestro esfuerzo global para canalizar ayuda alternativa a las víctimas del Tsunami, en 2007 con tres delegaciones a las reuniones con los Zapatistas en México y todos los años se han realizado acciones importantes de solidaridad con luchadores y luchadoras víctimas de la criminalización de la protesta social en todos los continentes.

El desplazamiento de pueblos rurales como consecuencia del modelo neoliberal, está provocando el movimiento masivo de personas, convirtiéndose en un tema crítico para La Vía Campesina. Desde 2004 hemos estado elaborando nuestras estrategias y acciones sobre estos temas en nuestra nueva Comisión de Trabajo sobre Migración y Trabajadores Rurales. Hemos llevado a cabo diversas acciones en contra del muro de la vergüenza que construye los Estados Unidos.

De pueblo a pueblo, de país a país, hemos llevado a cabo las luchas de La Vía Campesina. Nuestro movimiento está en casi todas partes del mundo, en donde el neoliberalismo está siendo impuesto a los y las campesinos y pueblos rurales.

La lucha de La Vía Campesina inspira, estimula y genera la resistencia de movimientos sociales contra las políticas neoliberales. Van aumentando los países en donde gobiernos progresistas alcanzan el poder como resultado de años de movilización. E incluso un buen número gobiernos locales y nacionales han acentuado su resistencia y su interés en la agenda de la soberanía alimentaria, como resultado de la movilización popular y como respuesta a la crisis global de los precios de los alimentos.

La ofensiva del capital sobre el campo, las crisis múltiples y el despojo de pueblos campesinos e indígenas

En el contexto global actual estamos enfrentando la convergencia entre una crisis alimentaria, una crisis climática, una crisis energética y una crisis financiera. Estas crisis tienen orígenes comunes en el sistema capitalista y mas recientemente en la desregulación desenfrenada de sus respectivas ámbitos de actividad económica, como parte de del modelo neoliberal, que da la prioridad al negocio y a la ganancia. En las zonas rurales del mundo, hemos visto una feroz ofensiva del capital y de las empresas transnacionales sobre la agricultura y los bienes naturales (agua, bosques, minería, biodiversidad, tierra, etc.), que se traduce en una guerra de despojo contra los pueblos campesinos e indígenas, utilizando pretextos falsos como los argumentos erróneos que plantean que los agrocombustibles son una solución a las crisis climáticas y energéticas, cuando la verdad es todo lo contrario. Cuando los pueblos ejercen sus derechos y resisten este despojo generalizado, o cuando son obligados a ingresar en los flujos migratorios, la respuesta ha sido más criminalización, más represión, más presos políticos, más asesinatos, más muros de la vergüenza y más bases militares.

Declaración de los Derechos de las Campesinas y los Campesinos

Vemos la futura Declaración de Derechos de las Campesinas y Campesinos de la ONU como una herramienta clave en el sistema legal internacional para fortalecer nuestra posición y nuestros derechos como campesinado. Por esta razón, lanzamos también la Campaña Mundial por una Declaración de los Derechos de las Campesinas y los Campesinos.

Soberanía Alimentaria: la solución a las crisis y la vida de los pueblos

La situación actual de crisis también es una oportunidad, porque la soberanía alimentaria ofrece la única alternativa real tanto para la vida de los pueblos como para revertir las crisis. La soberanía alimentaria responde a la crisis alimentaria, con producción campesina local, a las crisis climáticas y energéticas, atacando dos de las principales fuentes de emisión de gases de efecto invernadero, el transporte de alimentos a larga distancia y la agricultura industrializada, y para aminorar una vertiente de la crisis financiera, prohíbe la especulación con los alimentos. El modelo dominante significa crisis y muerte, y la soberanía alimentaria es la vida y la esperanza para los pueblos rurales y también para la población consumidora. La soberanía alimentaria requiere la protección y re-nacionalización de los mercados nacionales de alimentos, la promoción de ciclos locales de producción y consumo y la lucha por la tierra, la defensa de los territorios de los pueblos indígenas, y la reforma agraria integral. Se basa también en el cambio del modelo productivo hacía la producción agroecológica y sustentable, sin plaguicidas y sin transgénicos, basado en el conocimiento campesino e indígena. Como principio general, se construye la soberanía alimentaria en base a nuestras experiencias concretas al nivel local, o sea, desde lo local hacia lo nacional.

La crisis causa un sufrimiento incalculable entre nuestros pueblos, y erosiona la legitimidad del modelo neoliberal del “libre comercio.” Algunos gobiernos locales, estatales y nacionales mas progresistas han empezado a buscar soluciones alternativas. En La Vía Campesina debemos ser capaces de aprovechar estas oportunidades

Tenemos que desarrollar una metodología de trabajo que incluya el dialogo crítico y constructivo, para lograr casos exitosos en la implementación de la soberanía alimentaria con estos gobiernos. También debemos aprovechar espacios internacionales de "otra integración," como el ALBA y Petrocaribe, para avanzar en este terreno. Pero no podemos solo apostar a los gobiernos, sino que debemos ir construyendo la soberanía alimentaria desde abajo, en los territorios y otros espacios controlados por movimientos populares, pueblos indígenas, etc. Ya llegó la hora de la soberanía alimentaria, y tenemos que tomar la iniciativa para avanzar sobre este terreno en todos los países. Los campesinos y campesinas del mundo podemos y queremos alimentar al mundo, a nuestras familias y nuestros pueblos, con alimentos sanos y accesibles.

Las empresas multinacionales y el libre comercio

Nuestra reflexión nos ha dejado la claridad de que las empresas multinacionales y financieras son uno de nuestros enemigos comunes mas importantes, y que como tales, tenemos que incidir con nuestras luchas cada vez mas directamente sobre ellas. Inclusive son ellos que están detrás de los otro enemigos del campesinado, como el Banco Mundial, el FMI, la OMC, los TLCs y EPAs, los gobiernos neoliberales, y el expansionismo económico agresivo, el imperialismo y el militarismo. Ahora es también el momento para redoblar nuestra lucha contra los TLCs y EPAs, y contra la OMC, pero ahora con un señalamiento mas claro del papel central de las multinacionales.

El avance de las mujeres es el avance de la Vía Campesina

Un tema quedó muy claro en nuestra V Conferencia: que todas las formas de violencia que enfrentan las mujeres en nuestras sociedades – entre ellas la violencia física, la económica, la social, la machista, la de diferencias de poder, y la cultural – están también presentes en las comunidades rurales y por ende en nuestras organizaciones, y esto además de ser un enorme fuente de injusticia también limita el alcance de nuestras luchas. Reconocemos la relación íntima entre el capitalismo, el patriarcado, el machismo, y el neoliberalismo en perjuicio a las campesinas del mundo. Nosotras, todos y todas, mujeres y hombres, de la Vía Campesina, nos comprometemos de forma responsable por construir nuevas y mejores relaciones humanas entre nosotros y nosotras, como parte necesaria de la construcción de las nuevas sociedades a las cuales aspiramos. Por esto en la V Conferencia tomamos la decisión de romper el silencio y lanzamos la Campaña de la Vía Campesina "Por el Fin de la Violencia Contra las Mujeres." Nos comprometemos de nuevo y con mayor fuerza a la meta de alcanzar la compleja pero necesaria paridad de género real en todos los espacios e instancias de participación, análisis, debate y decisiones en la Vía Campesina, y fortaleceremos el intercambio, coordinación y solidaridad entre las mujeres de nuestras regiones.

Reconocemos el papel central de la mujer en la agricultura de auto-suficiencia alimentaria, y la relación especial de las mujeres con la tierra, la vida y las semillas. Además, las mujeres son y han sido parte determinante de la construcción de la Vía Campesina desde su inicio. Si no venceremos la violencia hacía las mujeres dentro de nuestro movimiento, no avanzaremos en nuestras luchas, y si no construimos nuevas relaciones de género, no podemos construir una nueva sociedad.

No estamos solos: la construcción de alianzas

Los campesinos y las campesinas no podemos ganar solos nuestras luchas por la dignidad, por un sistema alimentaria y agrario mas justo, y por este otro mundo mejor que es posible. Tenemos que construir y reforzar nuestras alianzas orgánicas y estratégicas con los movimientos y organizaciones que comparten nuestra visión, y esto es un compromiso especial de la V Conferencia.

La juventud nos da la esperanza para un futuro mejor

El modelo dominante en el campo no ofrece ninguna opción para la juventud, y esto es una razón muy importante para cambiarlo. Los jóvenes y las jóvenas son nuestra base tanto para el presente como para el futuro, así que nos comprometemos a su plena inserción y participación creativa en todos los niveles de nuestras luchas.

La formación para el fortalecimiento de nuestras luchas

Para que tengamos mayores éxitos y victorias en nuestras luchas, tenemos que dedicarnos al fortalecimiento interno de nuestro movimiento, a través de la formación política para aumentar nuestra capacidad colectiva de analizar y transformar nuestras realidades, la capacitación, y el mejoramiento de la comunicación y articulación entre nosotros y nuestros aliados.

Diversidad y unidad en la defensa de la agricultura campesina

Como movimiento social internacional, podemos decir que uno de nuestras mayores fortalezas es que somos capaces de unir diferentes culturas y modos de pensar alrededor de una misma lucha. La Vía Campesina representa un compromiso común de resistir y luchar por la vida y la agricultura campesina.

Todos los participantes en la V Conferencia de la Vía Campesina nos comprometemos a defender los alimentos y la agricultura campesina, a la soberanía alimentaría y a la dignidad y la vida. Aquí estamos los campesinos y campesinas del mundo, y nos negamos desaparecer.

¡Globalicemos la lucha! ¡Globalicemos la esperanza!

Declaração da III Assembléia das mulheres da Via Campesina

Quarta-feira 22 de Outubro de 2008

Reunidas em Maputo Moçambique no marco da V conferencia Internacional de la Via Campesina as mulheres do campo de diferentes continentes, realizamos nossa III Assembléia Mundial. Nos encontramos com a alegria em compartilhar o carinho das companheiras, a riqueza de nossas culturas diversas e a beleza das mulheres da África, Ásia, Europa e das Américas.

Mulheres com histórias e lutas comuns pela vida, pela terra, pelos territórios, pela Soberania Alimentar, pela justiça, pela dignidade. Mulheres que compartilhamos saberes e experiências, convencidas que as idéias, como as sementes, quando são intercambiadas crescem e multiplicam-se.

Somos mulheres que ao longo da história têm lutado contra a violência. Lutadoras que defenderam e continuam defendendo nossos territórios e culturas do saqueio, da devastação e da morte perpetradas por quem nos impuseram seu poderes desde os tempos coloniais, e hoje continuam tentando colonizar não só nossos territórios, como também nossas mentes e nossas vidas

Como mulheres, reclamamos o respeitos de todos nossos direitos, rejeitamos o sistema patriarcal, e todas suas expressões descriminatórias; e nos reafirmamos no exercício pleno da participação cidadã. Exigimos nosso direito a uma vida digna; o respeito a nossos direitos sexuais e reprodutivos; e a aplicação imediata de medidas para erradicar toda forma de violência física, sexual, verbal e psicológica; como também exigimos a eliminação de práticas de feminicídio que ainda persistem.

Denunciamos que os processos migratórios, particularmente o das mulheres, estão estreitamente relacionados com o empobrecimento e a violência social e de gênero no campo. Os deslocamentos das mulheres para centros de produção empresarial, o tráfico de mulheres para enriquecer a indústria do entretenimento, assim como as expulsões das mulheres das terras produtivas, conjuram contra a permanência e meios de sustento das comunidades camponesas e contra a Soberania Alimentar.

Reafirmamos que denunciar a descriminação contra as mulheres, implica em reconhecer que, embora o sistema patriarcal capitalista e o machismo tenham existência histórica, o modelo neoliberal acirra as condições de descriminação e aumenta as situações de violência contra mulheres e meninas nas zonas rurais. Por tanto na luta anti-neoliberal, deve-se seguir paralelamente com a luta pela igualdade de gênero, a não descriminação das mulheres e o combate sem um minuto de vacilo contra todas as formas de violência doméstica que sofrem as mulheres.

Reconhecemos que todas as mulheres sofremos a discriminação, contudo, nem todas mulheres são discriminadas igualmente. Não é a mesma coisa ser mulher dentro da parcela dos 20% mais ricos do que ser mulher da parcela mais pobre; não é a mesma coisa ser empresária que ser trabalhadora; ser jovem, adulta ou mais velha; ser branca, negra, mestiça ou indígena; ser urbana ou ser rural.

Nós mulheres sofremos discriminação de classe, gênero, étnica, sexual, estética, entre outras. Esta complexidade deve ser assumida não só como expressão política para denunciar a discriminação, mas também como perspectiva para construir um novo tipo de sociedade. Acreditamos que uma sociedade diferente com outros tipos de relações de gênero é possível. Um outro mundo é possível agora

A globalização e o resultado da divisão do trabalho está baseada na questão do gênero onde as mulheres ocupam setores de produção internacionalizados, tais como no agronegócio, nas maquila do México, América ou ásia, ou o turismo sexual

Para conquistar a Soberania Alimentar como mulheres da VC nos comprometemos a lutar conjuntamente por uma Reforma Agrária integral, para eliminar todas as formas de violência que são geram nos modos de produção capitalistas. E que causam as crises dos alimentos no mundo, a mudança climática, o avanço dos monocultivos, os transgênico e os agronegócios.

Estas expressões incluem: - aumento da fome e das enfermidades graves e mortais;
aumento significativo da pobreza e aumento da lacuna entre ricos e pobres;
violação dos direitos humanos e repressão política;
mercantilização e privatização da natureza e das terras agrícolas tradicionais, levando os povos indígenas, camponesas e camponeses a deslocamentos e migrações forçadas;
privatização e contaminação da água e do ar;
extração incessante de minerais e a destruição, a apropriação e a concentração da terra produtiva;
perda dramática da biodiversidade e destruição dos bosques;
destruição das tradições, conhecimentos e métodos de produção camponesa;
mudanças climáticas imprevisíveis que destroem os cultivos;
perda do controle das sementes pelas camponesas e camponeses, e sua a apropriação pelas empresas transnacionais, resultando na perda de alimentos culturalmente apropriados, e
incremento dos preços dos alimentos básicos sem que eles beneficiem a camponesas e camponeses, nem a pequenas agricultoras e pequenos agricultores.

A luta contra a violência contra as mulheres começa em nossos corações e em nossas consciências. Para acabar com todas as formas de violência é necessário nosso esforços em nos unirmos na luta e em nosso compromisso para construir uma sociedade mais justa. Unamos nossas vontades para construir um mundo sem violência, começando por construir uma mulher nova e um homem novo.

Nós mulheres da VC continuaremos construindo um mundo cheio de vida, de justiça, e igualdade. Nesta 3a. Assembléia Mundial das Mulheres conclamamos a todos os membros, de todas as partes do mundo, mulheres e homens, a assumir esta luta. Pela vida e pela Soberania Alimentar. Basta e violência contra as Mulheres do campo. Já. GLOBALIZEMOS A LUTA GLOBALIZEMOS A ESPERANÇA

Globalize Struggle!

Maputo, Otubro de 2008

Declaration of the III Assembly of the Women of the Via Campesina

Wednesday, 22 October 2008

Meeting in Maputo, Mozambique on the occasion of the V International Conference of the Via Campesina we the women of the countryside from different continents have held our III Worldwide Assembly of Women. We find ourselves surrounded by the happiness of sharing, the affection of our compañeras, the richness of our diverse cultures and the beauty of the women of Africa, Asia, Europe and the Americas.

We are women with a history and common struggles for life, land and territory, food sovereignty, justice and dignity: we are women who share knowledge and experiences, convinced that ideas, like seeds, grow and reproduce when they are exchanged. We are women who have struggled against violence across history, fighters who continue to defend our territories and cultures from pillage, devastation and death perpetrated by those who have imposed their power since the time of colonialism, and today continue trying to colonize not only our territories but also our minds and our lives. As women, we reclaim the respect of all of our rights and reject the patriarchal system and all its discriminatory expressions. We reaffirm the full exercise of citizen engagement. We claim our right to a dignified life, respect for our sexual and reproductive rights, the immediate application of means to eradicate all forms of physical, sexual, verbal and psychological violence, as well as the elimination of the practice of female murder (feminicide) that still persists.

We denounce the fact that the process of migration, especially for women, is strongly related to impoverishment and social and gender violence in the countryside. Displacements of women toward centers of corporate production, the trafficking of women to support entertainment industries, and the expulsions of women from productive lands conspire against the permanence and maintenance of rural communities and against food sovereignty.

We reaffirm the fact that the denunciation of discrimination against women implies recognizing that although the patriarchal system and machismo have existed historically, the neo-liberal model deepens the conditions of discrimination and increases the situations of violence against women and girls in rural areas. Moreover, the anti-neo-liberal struggle must be fought on a par with the struggle for gender equity, non-discrimination against women and the unceasing combat against all forms of violence in the countryside and in particular the domestic violence suffered by women.

We recognize that all women suffer discrimination; nevertheless not all women are discriminated against equally. It is not the same thing being among the 20% richest or being poor; it is not the same being a worker or being a businesswoman; being young, adult or elderly; being white, black, mestizo or indigenous; being urban or rural.

Women suffer discrimination of class, gender, ethnicity, sex, aesthetics, among others. This complexity is necessary to be assumed both as a political expression for the denunciation of discrimination, as well as from a perspective seeking a different kind of society, believing that if another world is possible, other kinds of gender relationships are also possible.

Under the neo-liberal model of globalization, the current international division of labor is also structured as a sexual division of labor. Women are concentrated in sectors of internationalized production, such as in certain branches of agribusiness, in the maquilas of Mexico, Central America or Asia, and in the sexual tourism of the South.

In order to achieve food sovereignty as women of the Via Campesina we commit ourselves to struggle together to get comprehensive agrarian reform in order to eliminate all forms of violence generated by capitalist modes of production, and that have caused the global food crisis, climate change, the advance of monocultures, GMOs and agribusiness.

These forms of violence include:

• Increased hunger and famine and grave mortal illness

• Significant increase in poverty and an increase in the gap between rich and poor

• Violations of human rights and political repression

• Mercantilization and privatization of nature and traditional agricultural lands, leading to displacement and forced migration of Indigenous Peoples and family farmers

• Privatization and contamination of water and air

• Incessant extraction of minerals and the destruction, appropriation and concentration of productive lands

• Dramatic loss of biodiversity and the destruction of forests

• Destruction of traditional farming methods and knowledge

• Unpredictable weather patterns that destroy crops

• Loss of control of seeds by family farmers and their appropriation by transnational corporations, resulting in the loss of culturally appropriate foods, and

• Basic food price increases, with no benefits to family farmers or peasants

Putting an end to these forms of violence that neo-liberal capitalism generates requires our effort and unity in struggle, and our commitment to the construction of a more just society.

The struggle against violence toward women begins in our hearts and consciences. Let us unify our wills to build a rural world without violence, starting with the creation of a new woman and man.

The women of the VC will continue to build a rural world that is full of life, and is just, equitable and in solidarity, on the way to food sovereignty. In this 3rd International Assembly of the women of VC we urge all members, from all parts of the world, both men and women, to join in this struggle. For life and food sovereignty, stop the violence against rural women now!

Globalize Hope!

Globalize Struggle!

Maputo, October 2008

Déclaration de la IIIe Assemblée des Femmes de LVC

Réunies à Maputo, Mozambique, dans le cadre de la Ve Conférence Internationale de La Via Campesina, nous, femmes des campagnes de tous les continents, avons réalisé notre IIIe Assemblée Mondiale des Femmes, dans la joie de partager l’affection de nos camarades, la richesse de nos cultures diverses et la beauté des femmes d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques.

Nous sommes des femmes avec des histoires et des luttes communes pour la vie, la terre et les territoires, la Souveraineté alimentaire, la justice et la dignité. Des femmes qui partagent savoirs et expériences, convaincues que les idées, comme les semences, grandissent et se multiplient lorsqu’elles sont échangées. Des femmes qui ont lutté contre la violence tout au long de l’histoire, combattantes qui ont défendu et qui continuent à défendre nos territoires et nos cultures contre le pillage, la dévastation et la mort perpétrés par ceux qui ont imposé leur pouvoir depuis le temps des colonies et qui continuent aujourd’hui à essayer de coloniser non seulement nos territoires mais aussi nos esprits et nos vies.

En tant que femmes, nous réclamons le respect de tous nos droits, nous refusons le système patriarcal et toutes ces expressions discriminatoires ; et nous nous réaffirmons dans le plein exercice de la participation citoyenne. Nous exigeons notre droit à une vie digne ; le respect de nos droits sexuels et reproductifs ; la mise en œuvre immédiate de mesures pour éradiquer toute forme de violence physique, sexuelle, verbale et psychologique ainsi que nous exigeons l’élimination des pratiques de féminicide qui persistent encore.

Nous dénonçons le fait que les processus migratoires, particulièrement ceux des femmes, sont étroitement liés à l’appauvrissement et la violence sociale et de genre dans les campagnes. Les déplacements des femmes vers les centres de production, le trafic des femmes pour enrichir le commerce du plaisir, ainsi que les expulsions des femmes des terres productives, sont en

Nous réaffirmons que dénoncer la discrimination envers les femmes implique la reconnaissance que si le système patriarcal et le machisme existent bien historiquement, le modèle néolibéral a aggravé les conditions de discrimination et accru les situations de violence envers les femmes et les filles en milieu rural. C’est pourquoi la lutte anti-néolibérale va de pair avec la lutte pour l’égalité de genre, la non-discrimination des femmes et le combat sans relâche contre toutes les formes de violence dans les campagnes et notamment les violences domestiques dont souffrent les femmes.

Nous reconnaissons que nous toutes souffrons de discrimination, cependant toutes les femmes ne subissent pas la discrimination de la même manière. Ce n’est pas la même chose d’être une femme appartenant aux 20% les plus riches de la population et être une femme pauvre ; ce n’est pas la même chose d’être ouvrière ou entrepreneuse ; être jeune, adulte ou âgée ; être blanche, noire, métisse ou indigène ; être citadine ou rurale.

Dans ce modèle de mondialisation néolibérale, la division internationale du travail actuelle se structure aussi par la division sexuelle du travail. Les femmes se trouvent concentrées dans des secteurs de production contrôlés par les multinationales, comme dans certaines branches de l’agrobusiness, dans les maquilas au Mexique, en Amérique Centrale ou en Asie ou dans le commerce sexuel.

Nous, les femmes, souffrons de discrimination de classe et de genre, de discrimination ethnique, sexuelle, esthétique, entre autres. Cette complexité, nous devons l’assumer dans notre lutte politique pour parvenir à la souveraineté alimentaire et mettre un terme à la discrimination, à l’oppression et à l’exploitation, en suivant une voie qui nous permette d’avancer dans la construction d’une société différente.

Pour parvenir à la souveraineté alimentaire, nous nous engageons, en tant que femmes de LVC, a lutter ensemble pour une réforme agraire intégrale et pour éliminer toutes les formes de violence que génèrent les modes de production capitaliste qui sont à l’origine de la crise alimentaire mondiale, du changement climatique, de l’avancée des monocultures, des OGM et de l’agrobusiness.

Ces expressions de violence incluent :

* Une augmentation de la faim, des famines et des maladies graves et mortelles ;

* Une augmentation significative de la pauvreté et l’agrandissement de l’écart entre les riches et les pauvres ;

* Des violations des Droits de l’Homme et la répression politique

* La marchandisation et la privatisation de la nature et des terres agricoles traditionnelles qui conduisent aux déplacements et aux migrations forcées des Peuples Indigènes, des paysannes et des paysans

* La privatisation et la pollution de l’eau et de l’air

* L’extraction incessante de minerais et la destruction, l’appropriation et la concentration de la terre productive

* La perte dramatique de la biodiversité et la destruction des forêts.

* La destruction des traditions, des connaissances et des méthodes de production paysanne

* Les changements climatiques imprévisibles qui détruisent les cultures

* La perte du contrôle sur les semences des paysans et paysannes et leur appropriation par les entreprises multinationales, conduisant à la perte des aliments culturellement adaptés

* L’augmentation des prix des aliments de base sans que cela ne bénéficie ni aux paysannes et paysannes, ni aux petits agriculteurs.

* En finir avec ces formes de violence que génère le système capitaliste néolibéral exige notre effort et notre unité dans la lutte et notre engagement dans la construction d’une société plus juste.

* La lutte contre la violence envers les femmes commence dans nos cœurs et dans nos consciences et nous unissons nos volontés pour construire un monde rural sans violence, pour construire un homme nouveau et une femme nouvelle.

Nous, femmes de LVC, continuerons à construire un monde rural vivant, juste, solidaire et équitable, fondé sur la souveraineté alimentaire. Au cours de cette IIIe Assemblée Mondiale des Femmes de LVC, nous sommons les membres du monde entier, hommes et femmes, d’assumer cette lutte. Pour la vie et la souveraineté alimentaire, ASSEZ de violence envers les femmes rurales

« GLOBALISONS LA LUTTE

GLOBALISONS L’ESPOIR »

Maputo, octobre 2008